La naissance des Claquettes

Des années vingt aux années cinquante, les Etats-Unis ont offert aux danseurs noirs de nouvelles scènes pour imposer leurs talents et permettre le plein épanouissement des Claquettes ( tap dance … ) .


 

Les Irlandais fuyant leur pays natal à l'époque de la grande famine, sont venus en Amérique au début du XIXe siècle ( Le Président John Kennedy lui même était petit-fils d'immigré Irlandais ). Les immigrés irlandais connurent des débuts difficiles aux États-Unis, victimes de l'insalubrité en milieu urbain. Malgré tout ils surmontèrent ces obstacles, et leurs descendants jouent maintenant un rôle important dans la société Américaine. Ces derniers sont venus dans l'espoir de connaître une vie meilleure. Ils étaient accompagnés de leurs sabots qui dans leur pays d'origine les protégeaient de l'humidité durant leur travail. Les Irlandais frappaient alors avec leurs sabots sur des troncs de bois vide pour communiquer avec les vallées voisines.

Une fusion d'échanges se fit dans le quartier de Five Points , lieu de cohabitation des noirs libres et des immigrés irlandais .
Ces derniers instaurèrent alors le moyen de communication utilisé dans leurs pays d'origine avec les noirs qui travaillaient à proximité dans des manufactures. Ainsi ils dansaient avec leurs sabots pour parler entre eux, le Clog Danse était né .

Le Clog Danse se répandit alors aux Etats-Unis , dansé au coin des rues par des amateurs en quête d'un peu d'argent. L'arrivée de ce nouveau style d'expression, dansé par les noirs comme par les blancs transforme le quartier d'Harlem: ancien havre résidentiel blanc, il se met à accueillir les habitants noirs de Midtown puis les travailleurs noirs du Sud du pays. Au lendemain de la crise, il se transformera en ghetto sous l'effet d'arrivées continuelles d'habitants qui ont perdu leurs logements et de la dégradation de l'habitat. Mais, pendant les années 1920, Harlem est encore ce lieu privilégié où naît le "New Negro" héritage de l'esclavage, lieu "d'où le "nègre" peut jeter sur le monde un regard plein d'audace" comme l'a écrit Roy Ottley , grand écrivain de parents immigrés.

Avec l'arrivée du Step Dancing on passe des costumes folkloriques à des costumes de ville. Les sabots s'affinent pour devenir des Split Clogs. Mais ces chaussures s’usent très vite, c'est pourquoi en 1920, on change le bois de la semelle en fer. C’est la naissance des Claquettes , le claquettiste devient alors non seulement un danseur mais aussi un percussionniste.


 

Avant les inventions de la radio et du cinéma , les Américains devaient se distraire par leurs propres moyens ou attendre l’arrivée dans leurs villes de conférenciers, de cirques, ou encore de troupes en tournée donnant des spectacles appelés vaudevilles. Ces spectacles proposaient des rôles aux danseurs noirs qui jusque là étaient cantonnés aux rôles de "bouffons" . Le vaudeville et l’opérette, venues d’Europe, engendrèrent la comédie musicale de Broadway, en instaurant des spectacles accessibles à tous. Contrairement à ceux proposés jusqu’alors qui ne touchaient qu’un public masculin. Ce nouveau genre de spectacle se compose d'une succession de numéros tous différents, avec une majorité de danses sonores très complexes. Ces danses sont souvent d'une rapidité impressionnantes car elles intègrent entre chaque pas l'incontournable buck dancing . Le succès fut total.
Le vaudeville est à l'origine de compétitions entre les danseurs qui devaient se surpasser à chaque nouveau numéro. Ainsi, chacun copiait les pas des concurrents, impressionnant les spectateurs. De nombreux artistes de cette période sont connus : Bill Robinson, Nicholas Brothers, Honi Coles,...
Le spectacle Showboat de Jerome Kern, dont la première eut lieu en 1927 , rend hommage à l’influence noire sur la musique américaine avec une intrigue portant sur le mélange des races ; le numéro le plus poignant en est la lamentation de l’esclave, "Ol’ManRiver "                                 

Paradoxalement, c'est dans des lieux possédés par des blancs, tel le légendaire Cotton Club , et devant un public blanc que les claquettistes connaissent leur apogée avec la mise en place de minstrel Show, le but de ces spectacles était d'intégrer les moqueries des traditions noires à des numéros dansés et chantés . Afin de créer une confusion totale, les danseurs blancs se maquillaient en noir .

 

 

Cependant au lendemain de la crise économique , la plupart des théâtres de Broadway ferment. Certains artistes tentent leur chance à Hollywood dans l'industrie cinématographique alors en plein essor. Grâce aux comédies musicales qui y sont produites, la classe moyenne blanche peut découvrir les Claquettes explosives de Harlem. Mais Hollywood utilise les scènes de Claquettes comme un simple divertissement durant l'entracte où les danseurs noirs sont contraints d'endosser des rôles infantilisants. Bill Robinson est le seul danseur noir à se voir offrir de vrais rôles cinématographiques aux côtés de la jeune Shirley Temple. En coulisses, les noirs jouent pourtant un rôle essentiel : ils doublent, pour la bande-son, les pas des danseurs blancs.


Au début des années 1950, l'âge d'or des Claquettes touche à sa fin. Les clubs de Harlem ont cessé d'engager des "tap dancers" et Hollywood a finit par se lasser. L'adoption d'une taxe fédérale sur les salles de danse a conduit à de nombreuses fermetures . Il faudra attendre la fin des années 1970 pour que les Claquettes se fassent à nouveau entendre.

 

L'épanouissement de ce style de danse permet la naissance de mélodies inspirés directement par cet art .

 

L'origine des Claquettes est  un mélange des syncopes de la musique et de la danse africaine remontant ainsi aux esclaves africains dont les danses traditionnelles, comme le shuffle, se sont mêlées à celle des Irlandais et Ecossais, en particulier la gigue et la sabotière.
Certains artistes s'inspirèrent de ce bruit sonore comme base pour des compositions musicales, comme Stephen Foster (1826-64) qui fut véritablement le premier compositeur important de la musique populaire. Il créa un modèle dont s’est inspirée toute la musique des Etats-Unis mêlant des traditions musicales européennes à des rythmes et à des thèmes afro-américains. D’ascendance irlandaise, Foster grandit dans le Sud où il entendit chanter les esclaves et assista à des minstrel shows. C’est de là que Foster tira ses meilleures chansons, que beaucoup d’Américains connaissent encore par coeur : «Oh! Susanna », «Camptown Races », « Ring the Banjo », « Old Folks at Home ». Un nouveau style de danse vit alors le jour : le Softshoe, qui se dansait avec des chaussures de villes sans fers (le sol est alors recouvert de sable pour créer des sons), contrairement au Clog Dance.

 

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