Les années jazz de 1920 à 1940

 


 

  

 

 

L'âge d'or du jazz traditionnel

  • La première guerre mondiale est suivie d'une période de mutations culturelles et sociales. L'Amérique est soucieuse de se délivrer de ses tabous et d'accomplir une révolution des mentalités. Les premiers artistes jazz refusaient "l'Amérique aux larges pelouses et aux esprits étroits" (citation d'Ernest Hemingway). Ils organisèrent donc la résistance en s'abandonnant au plaisir de l'expérimentation artistique, de la boisson et de la liberté sexuelle, leur but étant de s'amuser sans aucune retenue. Leur mode de vie et leur indépendance étaient admirés par la jeune génération, ce qui poussa  celle ci à se révolter contre les règles rigides d'un protestantisme moralisateur. C'est pourquoi l'on associe généralement le jazz jusqu'en 1950 à une jeunesse blanche. Le jazz, expression identitaire de l'homme noir, devient pour cette jeunesse le symbole de la modernité.
  • Dans les années 1920 on assiste à la renaissance d'Harlem. Les restrictions de la guerre ont créé chez les blancs une envie d'exotisme et de rythmes enivrants. C’est pour cela qu'ils empruntaient le métro A qui les conduisait dans les cabarets noirs de Harlem comme le Small's Paradies ou le Cotton Club.
    Les Etats-Unis découvrent alors en la personne du Noir américain, une incarnation des vertus nouvelles qu'ils recherchaient : sensualité, vitalité et créativité artistique. Cet intérêt pour la culture noire dans un contexte aussi raciste (nous sommes en pleine période de ségrégation). débouche sur une certaine condescendance. Cet engouement à permis de faire vivre les artistes africains du spectacle et du jazz. Mais grands nombres de ces cabarets durent déménager à Broadway dans les années 1930, d'une part à cause de la fin de la prohibition , les arrière salles, les "Speakeasyies" destinées à vendre l'alcool et où danser le jazz n'est plus interdit. D'autre part les incessantes rivalités entre gangsters éloignaient le public blanc.
  • Malgré ce succès les grands spectacles noirs sont dirigés par des blancs. Les compositeurs, paroliers ou metteurs en scène noirs seront évincés par leurs collègues blancs. Ainsi les spectacles musicaux importants dans les années trente, jusqu'aux années cinquante furent en apparence composés par des blancs comme George Gershwin ou Oscar Hammerstein. Nous utilisons le terme "en apparence" car malgré tout, les noirs conservent un rôle majeurs bien qu'invisible. Les dances directors blancs de Broadway se rendaient à Harlem pour apprendre à danser le jazz rapide appelé "le jazz hot", ils incorporaient alors les pas qu'ils avaient appris dans leur  chorégraphie. Un certain nombre de ces artistes noirs étaient pourtant bien connus dans le monde du divertissement comme Willie Covan ou Herbie Harper assistant de Balanchine dans la création du ballet Slaughter on 10 th Avenue.

 

Les années swing  

  • A partir des années 1930 et ce jusqu’à la Seconde Guerre mondial, le jazz se fait appeler swing. Ce mouvement eut une influence considérable dans la culture américaine. Le Swing devient un phénomène de mode, une manière de vivre. On porte le zoot-suit pour paraitre « cool ».

     
    le costume zoot-suit

  • Cette ère du swing coïncide précisément avec la dépression économique de 1930.
    En effet le krach boursier de 1929 met fin à l’ère du Jazz. Ce krach boursier est provoqué par un mouvement de panique. Suite à une rumeur, une grande majorité de la population décide de retirer ses économies des banques, ce qui entraine la crise économique. Les plus pauvres sont alors au bord de la famine. La grande majorité des familles appartenant à la classe moyenne tombent dans la misère. La société de consommation s’effondre, les gens n’ont plus les moyens d’aller se divertir dans les cabarets, qui doivent donc fermer. C’est la fin de la renaissance d’Harlem qui devient un ghetto où la violence et les expulsions se multiplient.
  • Pour redresser l’économie le président Roosevelt va mettre en place le New Deal. Cette politique consiste à créer un déséquilibre budgétaire. C'est-à-dire que l’état va créer des emplois pour relancer la consommation et ainsi pouvoir récolter les impôts.  
    Une subvention sera donc créée pour l’art. Les cabarets et théâtres vont pouvoir rouvrir. Dans le cadre d’un programme destiné à créer des emplois pour les chômeurs, des projets culturels voient le jour comme la Federal Dance projects, ce qui va permettre aux pionniers africains américain (afro américain) de la danse moderne comme Asadata Dafora de développer son approche visionnaire de la danse africaine américaine.
  • Mais la plupart des Américains semblent pessimistes; entrevoir l’avenir s’avère difficile. Ils utilisent alors le cinéma, la danse et la radio comme échappatoire. La radio devient la quatrième industrie du pays. Nous sommes en 1930, c’est le début de l’ère du swing. Des milliers d’auditeurs suivent la carrière des orchestres de danse blancs qui bénéficient alors d’un statut médiatique. L’apogée de l’ère du swing nait avec l’orchestre de Benny Goodman. Les orchestres noirs de Duke Ellington ou encore de Fletcher Henderson n’égaleront jamais le succès des orchestres blancs de Benny Goodman qui est surnommé « roi du jazz » par le public américain. Cependant il encouragea l’intégration en engageant les meilleurs musiciens africains américains dans son orchestre. Les années swing sont une période où le jazz tente à devenir américain plutôt que noir.
  • A cause de ces émissions radio les fans pouvaient parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour danser au son de leur orchestre préféré, en chair et en os. Pour les Américains, danser devient une forme d'échappatoire, c'est une activité sociale peu onéreuse qui permet de chasser les idées noires.

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