Charleston

Années folles

 

919 à 1929, une décennie, qu'on pourrait qualifier de parenthèse entre deux périodes douloureuses. Les "années folles" en France qu'on appelle "ère du jazz" aux Etats-Unis méritent bien leur nom : joyeuses, délirantes, enragées, enthousiastes. Période où l'on s'amuse et où l'on profite de la vie plus qu'il ne faut. Le soulagement à la fin de la Première Guerre mondiale est exprimé dans les grandes capitales européennes. En 1920, la femme obtient le droit de vote ce qui est une véritable libération, elle adopte donc une nouvelle silhouette : minceur et bronzage deviennent populaires. La coupe à la garçonne aussi est très tendance. Il y a une ambiguïté féminin-masculin au niveau des accessoires : chapeau melon, cravate, canne ... Tout cela symbolise l'émancipation de la femme, la rébellion, l'indépendance. Malgré tout lorsqu'elle sort le soir elle reste très féminine en portant des robes et en se maquillant, l'importance étant l'élégance. Pureté des lignes, effets décoratifs, jeux de lumières, lamés, dentelles, strass, pierreries s'intègrent au vêtement pour mettre en valeur une femme libérée. Les hommes eux gardent une allure sobre en portant des manteaux de raton laveur et des chapeaux.

Cette nouvelle liberté s'exprimait dans des danses folles, sur un rythme saccadé mais vif du jazz, le Charleston, nom donné par sa ville mère en Caroline du sud. Un seul mot d’ordre s’impose pour danser et sortir : avoir de l’allure. Oui mais tout en pouvant avoir des coupes fluides permettant à chacune de bouger sans être gênée. D'ou le raccourcissement de la jupe au dessus du genou. La femme qui danse bouge tout son corps de manière afro-américaine. Ces danseuses étaient appelées "clapets" en raison de leurs mouvements de battements de bras et de jambes comme des oiseaux. Les plus délurées d'entre elles étaient appelées "flappers".

La communauté blanche répand cette nouvelle culture de la danse dans des salles de bal, entrainant alors un enthousiasme social. Les lieux types de rendez vous étaient pourtant les bars clandestins de la prohibition où ces femmes dansaient seules ou à plusieurs en se moquant des traditionalistes et de ces citoyens qui soutenaient cette amendement. Le charleston triomphe aussi particulièrement en 1922 à Broadway, ainsi qu'en 1923 dans les spectacles "ziegfield follies" ou dans "runnin' wild".

C'est une danse qui restera l'emblème des années folles car elle revendique toutes les libertés accordées autrefois aux hommes. Elle ne disparaitra jamais complètement, malgré qu'elle se soit faite concurrencée par le "black bottom" et le swing.

 

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