Disco

 

 

 

 Phénomène sociologique autant que musical, le disco va se façonner son univers, dont l'image publique est celle de la fête insouciante d'une jet-set nocturne dansant au son des violons, et le côté sombre, une consommation frénétique de cocaïne, aussi bien chez les artistes que parmi les night-clubbers. En attendant le retour en force de la majorité morale (on vit des autodafés de maxi-45 tours à Chicago avec le mot d'ordre « disco sucks » : le disco, ça craint), c'est le règne du strass, des paillettes et des cristaux : à Paris, le Palace devient le temple de la génération disco sous l'égide de Fabrice Emaer. À New York, c'est au Studio 54 que l'on croise les reines de la nuit, les stars en errance et les drag queens (travestis) qui forment la faune des danseurs.

 

 

 

Les artistes de disco, ce sont les divas (Jocelyn Brown, Two Tons, les choristes de Sylvester, Donna Summer, Pattie Brooks, Loleatta Holloway), les groupes montés par des producteurs-flibustiers (Village People et Ritchie Family pour Jacques Morali et Henri Belolo ; Munich Machine pour Keith Forsey et Harold Faltermeyer ; Love And Kisses pour Alec Constandinos) et toutes les météorites opportunistes d'un jour, qui prirent en marche le train disco pour un bref voyage (les groupes Chanson, Musique, Poussez !, Gregg Diamond's Starcruiser, ou encore Starpoint, Teri Desario, D.C. La Rue…). Les années 1980 marquent la mort lente du disco, peu à peu dilué dans la grande variété puis recyclé dans la garage music, un genre formalisé à l'aube des années 1990 par la scène gay new-yorkaise, qui reprend les éléments du disco dans un contexte plus contemporain.

 La house puis la techno, avec leur minimalisme, contribueront paradoxalement à installer une nostalgie de l'ère disco, celle de l'innocence, quand le virus du sida n'avait pas encore enveloppé le milieu de la nuit de son voile sombre, décimant la scène des clubs.

Se dit d'une mode vestimentaire de la fin des années 1970 qui se caractérise par le goût des couleurs violentes, du brillant et du clinquant.

 

En 1972, le groupe Barrabas, hispano-américain, contribue à l'émergence du disco avec un titre comme Woman. Les origines primitives de ce genre se retrouvent dans des groupes espagnols tel que Los Bravos avec leur titre Bring A little Lovin' (1967), spécialement édité, arrangé et mis en scène pour danser en discothèque et possédant finalement tous les ingrédients, le concept-même, des tubes Disco qui vont se développer (basse, rythmique, habits, manière de danser...). Au début des années 1970, dans les discothèques de Brooklyn, du Bronx ou de Harlem, les disc-jockeys sélectionnent des chansons soul ou funk peu connues pour leur capacité à faire danser le public. Ils remixent parfois certains titres en studio, pour faire ressortir la batterie et la basse et mieux rythmer la danse ; c'est le disco mix. La majorité des titres disco reste ainsi expérimental. Il s'agit en plus de trouver le bon tempo, la phrase de guitare qui va attraper l'oreille, d'habiller le rythme dansant de cordes ou de voix, d'allonger la durée des morceaux, d'accrocher l'oreille et le pas de danse par un motif cyclique. Le disco est né d'une stylisation du son de Philadelphie adaptée au marché blanc (les trois-quarts du marché aux États-Unis). À New York et à Miami, c'est grâce aux discothèques et aux radios que le disco démarre et triomphe. Ensuite des artistes comme les Village People ou Cerrone se produiront sur des grandes scènes, à l'image des artistes rock et funk qui les ont précédés.

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